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Scandales financiers secouent l’Institut Moulay Rachid : Fonds dilapidés, diplômes illégaux et mauvaise gouvernance… Un rapport qui interpelle le gouvernement et la justice

Scandales financiers secouent l’Institut Moulay Rachid : Fonds dilapidés, diplômes illégaux et mauvaise gouvernance… Un rapport qui interpelle le gouvernement et la justice

Il n’est plus question de simples rumeurs concernant les dysfonctionnements de gestion au sein des institutions publiques. Désormais, les faits sont là documentés et chiffrés. Le dernier épisode de ce véritable saignement financier vient d’être révélé par une commission de l’Inspection Générale des Finances au sein de l’Institut Royal de Formation des Cadres de la Jeunesse et des Sports Moulay Rachid : un scandale retentissant évalué à 130 millions de dirhams.

Les inspecteurs ont été stupéfaits de constater une chute vertigineuse des recettes de l’Institut : plus de 50 % en quelques années, passant de 290 millions de dirhams annuels à moins de 100 millions la saison passée. Cette baisse n’est ni conjoncturelle ni accidentelle, mais la conséquence directe d’une gestion calamiteuse et d’un laxisme flagrant dans la collecte des ressources.

Le plus choquant : l’Institut a laissé s’accumuler des dettes colossales auprès des fédérations sportives, atteignant 130 millions de dirhams, pour l’utilisation de ses infrastructures lors d’assemblées générales ou d’événements. Pire encore, malgré l’absence de recouvrement, l’Institut a continué à délivrer de nouvelles autorisations aux mêmes débiteurs, dans une logique totalement aberrante.

Le rapport pointe également du doigt le directeur de l’Institut lui-même, qui occupe depuis son arrivée une suite de l’hôtel rattaché à l’établissement, privant ainsi la trésorerie de plusieurs centaines de milliers de dirhams, alors qu’il bénéficie déjà d’un logement de fonction et d’indemnités de logement. Comment celui qui est censé protéger les deniers publics peut-il être le premier à les dilapider ?

Les inspecteurs ont relevé des signes alarmants de dégradation généralisée : infrastructures délabrées, restaurant fermé durant des mois, services abandonnés, dont l’alimentation. L’Institut, censé être un pilier dans la formation des cadres sportifs nationaux, est devenu un modèle de désordre et de mauvaise gouvernance.

Plus grave encore : des plaintes reçues par le Ministre concernent l’attribution de diplômes de Master à des étudiants non inscrits, suscitant des soupçons de marchandage de diplômes. S’y ajoutent des cas d’enseignants bénéficiant de doctorats douteux, ou dont les noms sont ajoutés aux listes a posteriori. Sans oublier le phénomène des « enseignants et fonctionnaires fantômes ».

Parmi les abus constatés figurent des recours et plaintes déposés par des fonctionnaires victimes d’abus de pouvoir : certains ont été radiés purement et simplement de la fonction publique, leurs postes budgétaires supprimés, suite aux décisions arbitraires d’un directeur qui a exercé son autorité de manière sadique et revancharde, y compris contre des cadres ayant servi plus de 30 ans au ministère.

Ces chiffres et ces soupçons de corruption ne relèvent pas de simples détails techniques, mais traduisent un échec administratif flagrant qui appelle une reddition des comptes immédiate. 130 millions de dirhams perdus ne sauraient être minimisés : il s’agit de fonds publics dilapidés dans une institution censée être gérée selon le régime “SIGMA”, garant d’autonomie et de transparence. La réalité montre le contraire : laxisme financier, décisions absurdes et exploitation personnelle des biens publics.

Aujourd’hui, l’Institut Moulay Rachid traverse l’un des pires scandales financiers et administratifs de son histoire. L’Inspection Générale a mis le doigt sur la plaie. La balle est désormais dans le camp non seulement du ministère de tutelle, mais aussi du Chef du gouvernement et du Parquet. La justice ouvrira-t-elle enfin le chantier de la responsabilité, ou enterrera-t-on ce dossier comme tant d’autres auparavant ?

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