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« Le Maroc n’a plus besoin de prédicateurs, il a besoin de bâtisseurs

« Le Maroc n’a plus besoin de prédicateurs, il a besoin de bâtisseurs

Après dix-huit années de pratique politique, le Parti authenticité et modernité (PAM) s’impose comme l’un des acteurs majeurs de la recomposition du paysage partisan marocain. Son parcours s’inscrit dans un contexte marqué par la confrontation avec l’expérience du Parti de la justice et du développement (PJD), qui a longtemps misé sur un populisme politique faisant du discours moral et du prêche une arme de mobilisation électorale, au détriment d’une compétition fondée sur les programmes et les résultats.

L’expérience du PJD dans la gestion des affaires gouvernementales a montré que l’instrumentalisation des valeurs morales dans le discours politique ne suffit pas à construire un projet de développement répondant aux attentes des citoyens. La gouvernance ne se mesure ni aux slogans ni à la prétention de détenir un quelconque monopole de la légitimité morale. Elle s’évalue à l’aune de la clarté des programmes, de l’efficacité des politiques publiques et de la capacité à produire des résultats tangibles.

Aujourd’hui, le PAM, qui occupe une position de premier plan au sein d’une majorité gouvernementale composée de plusieurs partis, dont une large partie se réclame de la modernité, dispose d’une occasion de contribuer à corriger les dysfonctionnements des périodes précédentes et de réhabiliter une conception de l’action politique fondée sur les programmes, les compétences et le travail de terrain. Il s’agit de rompre avec les surenchères moralisatrices qui ont trop souvent transformé le débat politique en une confrontation d’accusations, au détriment de la recherche de solutions concrètes.

L’enjeu n’est pas de substituer un discours à un autre, mais de passer d’une politique des slogans à une politique des résultats, de la mobilisation des émotions à l’élaboration de réponses réalistes aux défis de l’emploi, de l’éducation, de la santé et du pouvoir d’achat.

Le Maroc a besoin d’une pratique politique évaluée à l’aune de ses réalisations au service des citoyens, et non du volume des slogans qu’elle produit. À ce titre, la responsabilité du PAM, en tant que composante centrale de la majorité gouvernementale, consiste à contribuer à l’ouverture d’une nouvelle étape, marquant une rupture avec des années de théâtralisation du débat politique et d’affaiblissement du pouvoir d’agir des citoyennes et des citoyens.

Il lui appartient ainsi de contribuer à replacer les programmes, le travail et les résultats au cœur de l’action publique, après des années durant lesquelles le populisme a trop souvent pris le pas sur l’essence même de la compétition politique.

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