Lagouira, une ligne rouge : le Maroc doit agir pour protéger sa souveraineté
Marsool Press | T.T
Lagouira n’est ni un lot à gagner dans les négociations sur l’autonomie, ni le prix à payer au nom du bon voisinage. Ceux qui interpréteraient la mobilisation du Maroc sur ses dossiers régionaux et internationaux comme une occasion de manœuvrer doivent mesurer la capacité de puissance et l’expérience stratégique du Royaume à défendre ses intérêts. Rabat sait conjuguer dialogue et fermeté, partenariat et vigilance. Il serait imprudent de vouloir éprouver sa détermination sur des questions touchant à son intégrité territoriale.
Le retour du dossier de Lagouira au cœur du débat ne saurait être considéré comme un simple épisode dans le cadre des négociations sur le Sahara marocain. Il appelle une vigilance stratégique accrue, notamment après l’évocation par la Mauritanie de la création d’une commission chargée de clarifier les frontières internationales définitives et permanentes du territoire, selon les éléments rapportés dans le rapport du Secrétaire général des Nations unies d’octobre 2026.
La concomitance entre cette initiative et la participation de la Mauritanie, en qualité d’observateur, aux négociations relatives à l’initiative marocaine d’autonomie sous souveraineté marocaine soulève des interrogations légitimes quant à ses motivations et à ses objectifs. Nouakchott cherche-t-elle simplement à sécuriser ses intérêts futurs, ou certains acteurs tentent-ils de tirer parti de cette séquence diplomatique pour obtenir des avantages supplémentaires ? Cette hypothèse mérite un examen rigoureux. Elle ne saurait être écartée sans analyse, pas plus que les enjeux liés au calendrier et à la sensibilité du dossier ne peuvent être ignorés.
Les tentatives de brouillage à l’égard du Maroc, dans ce contexte particulièrement délicat, ne doivent pas être prises à la légère. Le Royaume fait face à des défis diplomatiques liés à ses relations avec l’Espagne, tout en attendant les développements liés au rapport du Conseil de sécurité sur le Sahara marocain. Cette conjoncture régionale et internationale exige une vigilance maximale. Il serait donc imprudent d’interpréter la mobilisation de Rabat sur ces différents dossiers comme une occasion de tester sa patience ou de remettre artificiellement sur la table des questions territoriales sensibles.
Nouakchott doit comprendre que le Maroc n’est nullement une puissance périphérique dans les équilibres régionaux. Le Royaume est une puissance régionale dotée de forces armées aguerries, de services de renseignement et de sécurité disposant de capacités reconnues à l’échelle régionale et internationale, d’un poids diplomatique significatif et d’un réseau de partenariats stratégiques. Toute stratégie fondée sur l’idée que l’attention portée par Rabat à d’autres dossiers permettrait d’obtenir des gains au détriment de ses intérêts territoriaux serait donc une erreur de calcul, politiquement et stratégiquement coûteuse.
Lagouira ne saurait devenir une monnaie d’échange, et la souveraineté marocaine ne peut faire l’objet de manœuvres. Si la Mauritanie souhaite obtenir des garanties en matière de sécurité ou d’intérêts économiques, le dialogue bilatéral constitue le cadre approprié pour examiner ses préoccupations. L’ambiguïté frontalière ne doit en aucun cas servir de prétexte à une redéfinition des intérêts territoriaux.
Il appartient dès lors à l’État marocain d’agir avec fermeté et anticipation, en affirmant clairement sa position dans les enceintes diplomatiques concernées.
Le bon voisinage ne signifie pas la complaisance face aux dossiers sensibles. De même, un partenariat stratégique ne saurait justifier l’attentisme jusqu’à ce que des interrogations se transforment en réalités politiques. Les États soucieux de préserver leurs intérêts ne se contentent pas de réagir , ils dissipent les ambiguïtés avant qu’elles ne deviennent des sources de tension.
L’analyse stratégique conduit à considérer Lagouira comme un véritable test de la vigilance marocaine. L’objectif n’est pas de provoquer une escalade avec la Mauritanie, mais de protéger les intérêts nationaux par la solidité des arguments juridiques, la clarté diplomatique et l’action préventive. Le partenariat avec le voisin mauritanien demeure un intérêt stratégique majeur, mais il ne saurait devenir un terrain de marchandage sur ce que le Maroc considère comme relevant de son intégrité territoriale, Car la souveraineté ne se protège pas par les seuls slogans, Elle exige un dossier juridique solide et une diplomatie vigilante, capable de dialoguer lorsque cela s’impose, de clarifier ses positions lorsque cela est nécessaire et d’agir avec fermeté lorsque les intérêts nationaux l’exigent.
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