Le retrait de Macky Sall de la course au poste de Secrétaire général de l’ONU : quand les ambitions africaines se heurtent aux calculs des grandes puissances
Dr. Tlaty Tarik
L’annonce du retrait de l’ancien président sénégalais Macky Sall de sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations unies ne saurait être réduite à un simple renoncement personnel. Elle révèle, au contraire, la complexité des rivalités diplomatiques autour de la direction de l’organisation internationale. En effet, les compétences politiques et l’expérience dans la conduite des affaires de l’État ne suffisent pas à accéder à cette fonction, dès lors que le candidat ne bénéficie pas de l’assentiment des grandes puissances représentées au Conseil de sécurité.
La principale explication de ce retrait réside dans les faibles perspectives de Macky Sall de parvenir à un consensus international autour de sa candidature. Les consultations informelles ont notamment mis en évidence la difficulté de surmonter les réticences de certains membres permanents du Conseil de sécurité, détenteurs du droit de veto. À cela s’ajoutent les divisions africaines, qui ont empêché la constitution d’un front uni derrière un candidat censé porter les ambitions du continent.
Par ailleurs, les signaux laissant entrevoir la possibilité d’un choix en faveur d’un candidat originaire d’Amérique latine ou des Caraïbes, ou encore d’une femme appelée à devenir la première à occuper cette fonction, ont davantage complexifié les équilibres de cette compétition, sans pour autant en déterminer l’issue définitive.
Quant aux éventuelles pressions directes qui auraient contraint Macky Sall à se retirer, aucun élément public suffisamment probant ne permet, à ce stade, de l’affirmer. L’hypothèse la plus plausible demeure celle d’une évaluation politique et diplomatique de ses chances limitées, à l’issue de consultations avec le président burundais et l’actuel président sénégalais.
La principale leçon de cet épisode est que l’Afrique, malgré son poids au sein des Nations unies, peine encore à transformer ses ambitions en influence effective dans les centres de décision internationaux. Le problème ne réside pas dans l’absence de personnalités qualifiées, mais dans la dispersion des positions africaines et dans la persistance d’un ordre international dont les grandes puissances continuent de maîtriser les principaux leviers de décision stratégique.
Ainsi, le retrait de Macky Sall met au jour une crise plus profonde que la simple défaite d’un candidat : celle de la capacité de l’Afrique à unifier sa volonté politique et à imposer pleinement sa place dans les rapports de force qui structurent l’ordre international.
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