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Une ministre de deux jours : le scandale du choix avant celui de la révocation !De hauts postes de responsabilité au gouvernement, sans contrôle préalable ?

Une ministre de deux jours : le scandale du choix avant celui de la révocation !De hauts postes de responsabilité au gouvernement, sans contrôle préalable ?

Madiha Khiyer n’aura passé que deux jours au gouvernement avant que son parcours ministériel ne prenne fin, à la suite d’un communiqué du Cabinet Royal annonçant l’acceptation de la demande de décharge présentée par la cheffe du gouvernement. Un épisode qui illustre le degré de dysfonctionnement auquel peut conduire l’absence de vérifications rigoureuses des dossiers des personnalités appelées à exercer des responsabilités gouvernementales.

La controverse suscitée par des antécédents judiciaires attribués à la ministre, ainsi que par des documents médicaux dont l’utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire antérieure a été évoquée, a soulevé des questions embarrassantes qui auraient dû être examinées avant sa nomination, et non après. Ces éléments nécessitent un examen à la lumière des documents officiels. Toutefois, le fait qu’une candidature ministérielle ait dégénéré aussi rapidement en crise politique impose de demander des comptes aux instances de son parti qui ont proposé son nom et procédé à l’examen de son dossier.

Qui a donc proposé Madiha Khiyer ? Qui a vérifié son dossier ? Et comment a-t-elle pu accéder au gouvernement avant que cette affaire n’éclate au grand jour ?

Ces questions sont loin d’être secondaires. Elles touchent à la crédibilité des partis politiques, aux critères de nomination des ministres et à la responsabilité de la cheffe du gouvernement. Les portefeuilles ministériels ne sont pas des prébendes partisanes que l’on distribue sans contrôle préalable. L’opinion publique ne saurait être la dernière à découvrir des éléments qui auraient dû être examinés avant toute nomination.

Plus troublante encore est la question de savoir comment Madiha Khiyer a pu exercer auparavant des responsabilités administratives, notamment les fonctions de secrétaire générale d’une Académie de l’aviation, si le document médical qui circule et qui lui est attribué fait effectivement état d’une inaptitude physique ou mentale à assumer des responsabilités. Il ne s’agit nullement de régler des comptes personnels, mais de mettre en lumière une contradiction apparente qui exige des explications : qui lui a confié ces fonctions ? Sur quels critères son aptitude a-t-elle été évaluée ? Ses précédents dossiers de nomination ont-ils fait l’objet des vérifications requises ? La gravité de cette affaire impose de vérifier l’authenticité des documents ainsi que leur portée médicale et juridique, et d’interroger les instances ayant pris les décisions de nomination. Les responsabilités publiques ne s’attribuent pas à la légère, et les critères d’aptitude à leur exercice ne sauraient demeurer une énigme pour l’opinion publique.

La révocation de la ministre ne dégage pas les instances qui l’ont proposée de leur responsabilité dans ce choix et n’efface en rien l’embarras politique provoqué par cette affaire. Il convient également de souligner que le communiqué du Cabinet royal n’a pas explicitement indiqué que le casier judiciaire constituait le motif direct de cette décision. Il est donc indispensable de distinguer la décision officielle des informations relayées dans l’espace public.

Le problème ne réside désormais plus seulement dans le départ d’une ministre après deux jours, mais dans un processus de sélection qui a permis sa nomination avant que celle-ci ne se transforme en crise.

Qui assumera la responsabilité de cette défaillance ? Qui fournira les explications attendues par l’opinion publique ? Faudra-t-il, une fois encore, se contenter de remplacer un nom par un autre, tout en laissant les questions en suspens ?

Le plus préoccupant serait que cet épisode soit rapidement relégué au rang d’incident passager, tandis que les critères de sélection des hauts responsables continueraient d’échapper à toute véritable reddition des comptes. L’État ne se gouverne pas dans l’improvisation. La confiance royale et la responsabilité gouvernementale ne sont pas des domaines où l’on peut se permettre de procéder par tâtonnements. Toute instance qui propose des candidats à des fonctions publiques doit assumer pleinement la responsabilité de ses choix.

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