جاري التحميل الآن
×

Instructions du Parquet général… et les dossiers de l’Éducation nationale sous la loupe de l’enquête

Instructions du Parquet général… et les dossiers de l’Éducation nationale sous la loupe de l’enquête

Dans une démarche qui reflète la gravité de la conjoncture, le Procureur général du Roi près la Cour d’appel de Rabat, Abdelaziz Raji, a donné ses instructions à la Brigade nationale de la police judiciaire pour l’ouverture d’une enquête approfondie sur plusieurs dossiers liés aux directions provinciales et aux académies de l’éducation. Cette décision fait suite à des plaintes et à des rapports faisant état de dysfonctionnements et d’irrégularités financières et administratives au sein d’un secteur censé constituer le pilier de la réforme et la porte d’entrée vers l’avenir.

L’enquête ne vient pas de nulle part. Les rapports en circulation dressent un tableau préoccupant d’une gestion financière soulevant plus d’un point d’interrogation, ainsi que de dysfonctionnements administratifs touchant au cœur même de la gouvernance au sein du secteur de l’Éducation nationale. Lorsque des plaintes se transforment en dossiers examinés par la Brigade nationale, il ne s’agit plus de simples erreurs techniques, mais de soupçons nécessitant une reddition de comptes rigoureuse.

Dans le même contexte, l’équipe d’investigation du journal Mersoul Press avait déjà tiré la sonnette d’alarme dans plusieurs articles précédents, sur la base de plaintes reçues de partenaires du secteur. Ceux-ci affirmaient que le ministère refusait de régler leurs créances pour des raisons qu’ils qualifiaient d’incompréhensibles.

Plus grave encore, selon les informations relayées, certains responsables au sein du ministère auraient officiellement demandé, à travers des conventions-cadres claires, à des partenaires d’exécuter divers travaux et services, y compris des activités à caractère souverain, qui ont effectivement été réalisés conformément aux engagements contractuels. Cependant, les mêmes responsables auraient par la suite refusé d’honorer les paiements, plaçant ces partenaires dans une situation financière critique et dangereuse, et entraînant certains d’entre eux dans un engrenage de litiges juridiques et judiciaires en raison du non-paiement de chèques et d’obligations découlant de ces projets.

Plus encore, un responsable (Nabil A.) aurait persisté dans des manœuvres dilatoires, adoptant même, selon les plaintes, une attitude moqueuse à l’égard des partenaires, les renvoyant tantôt vers le directeur de l’Académie de Casablanca, tantôt vers celui de Rabat, comme si ces partenaires n’étaient qu’une balle dans un jeu entre responsables du ministère de l’Éducation nationale.

Face à ces faits, il ne s’agit pas seulement d’un problème de gestion, mais d’une véritable crise de confiance portant atteinte à la crédibilité de la contractualisation avec le ministère, et frappant au cœur le principe de continuité du service public ainsi que le respect des engagements juridiques.

Le secteur de l’éducation n’est pas une administration ordinaire. Il constitue la première ligne de défense de l’égalité des chances, de la justice sociale et de la formation de générations capables de porter le flambeau du développement. Pourtant, il semble aujourd’hui en proie à une confusion financière et administrative, sous l’autorité d’un ministre dont la parole reste inaudible, nommé par le Chef du gouvernement dans une logique davantage honorifique que fondée sur la responsabilité.

Aujourd’hui, tous les regards se tournent vers les résultats de l’enquête :
Les investigations révéleront-elles la vérité sur ce qui s’est réellement passé ?
Les responsabilités seront-elles clairement établies, loin de toute logique d’impunité ?
Les parties lésées obtiendront-elles réparation, et la crédibilité de la commande publique sera-t-elle rétablie ?

L’ouverture de l’enquête envoie un message clair : nul n’est au-dessus de la reddition de comptes, quel que soit son rang. Mais les messages ne suffisent pas. Ce qui est requis, c’est une transparence totale, la publication des résultats à l’opinion publique et l’application du principe de responsabilité assortie de sanction, afin de protéger les deniers publics et de préserver la confiance des citoyens dans leurs institutions.

La balle est désormais dans le camp de l’enquête. Quant à l’opinion publique, elle attend des actes concrets capables de rétablir l’équilibre et de restituer aux citoyens leurs droits et leurs fonds engagés, avant que le doute ne s’élargisse davantage.

مشاركة المحتوى:

إرسال التعليق

المزيد