En attendant un gouvernement de compétences
Par T.T
Il ne fait aucun doute que la pratique de l’action politique est un droit légitime pour tout individu, et qu’elle constitue même un pilier fondamental dans la construction et le développement des sociétés démocratiques. La politique, dans son essence, est au service de l’intérêt général, et représente un espace de gestion des affaires de l’État ainsi que de prise de décisions influençant la vie des citoyens. Dans cette perspective, l’engagement des individus en politique est une démarche louable, traduisant un esprit de citoyenneté et de participation.
Cependant, le problème se pose lorsque la politique devient un refuge pour ceux qui manquent de compétence ou de savoir, ou lorsqu’elle est présentée comme une alternative à la formation académique et au mérite intellectuel. Les fonctions politiques, en particulier celles liées à la gestion de secteurs sensibles ou stratégiques, exigent un haut niveau de compréhension et d’expertise, et non un simple désir ou une capacité de manœuvre politique. L’ignorance, même habillée de slogans, ne peut constituer une base pour prendre des décisions cruciales affectant les intérêts des citoyens.
Les citoyens n’évaluent pas les responsables politiques uniquement sur leur capacité oratoire ou leur aptitude à gagner des voix, mais aussi sur leur compétence à gérer les crises et à proposer des solutions. La confiance accordée à travers les urnes n’est pas un chèque en blanc, mais une lourde responsabilité fondée sur l’espoir que l’élu ou le responsable soit capable d’affronter les défis avec rationalité et connaissance. Il est donc inacceptable de confier des responsabilités majeures à des personnes ne possédant pas le minimum de compréhension de la nature de l’État ou de ses intérêts supérieurs.
De plus, le fait que certains partis présentent des candidats ou des ministres sans diplômes, ou entourés de soupçons quant à la validité de leurs qualifications, affaiblit la crédibilité de l’action politique et accentue la fracture de confiance entre citoyens et institutions. Les diplômes universitaires, bien qu’ils ne soient pas l’unique critère de compétence, demeurent un indicateur important de sérieux, de discipline et de capacité d’analyse et de réflexion.
Le véritable défi ne réside pas dans l’exclusion de ceux qui ne possèdent pas de diplômes, mais dans la garantie d’un minimum de compétence et de capacité chez ceux qui assument des responsabilités. L’État ne se gère pas dans l’improvisation, et ne se construit pas sur des slogans, mais requiert des compétences alliant savoir, expérience et intégrité. Ainsi, la réforme du paysage politique passe par le renforcement des critères de sélection au sein des partis, l’établissement d’un lien entre responsabilité et reddition des comptes, ainsi que la consolidation d’une culture plaçant l’intérêt général au-dessus de toute autre considération.
En définitive, la politique demeure un domaine noble, mais sa noblesse dépend de la qualité de ceux qui l’exercent. Elle peut être soit un levier de construction et de progrès, soit un fardeau qui pèse sur la société et entrave son évolution.
Dès lors, suffit-il pour un parti d’intégrer une coalition gouvernementale pour imposer aux Marocains des formes d’ignorance et d’analphabétisme sous couvert d’opportunisme et de médiocrité ?
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