Quand les partis s’essoufflent, l’État avance avec ses compétences
Par dr tlaty Tarik
La force d’un État ne se mesure pas au nombre de ses partis politiques, mais à sa capacité à faire émerger des femmes et des hommes d’État lorsque les circonstances l’exigent. L’histoire politique montre que les périodes décisives ne se gagnent ni par les slogans, ni par les surenchères, mais par la compétence, le discernement et la capacité à transformer une vision en résultats concrets.
Le Maroc se trouve aujourd’hui à un moment charnière de son histoire. Les grands chantiers impulsés sous la conduite de Sa Majesté le Roi s’accélèrent, tandis que les préparatifs de la Coupe du monde 2030 imposent un rythme inédit. Dans un environnement régional en constante mutation et face à des défis économiques majeurs, le pays ne peut se permettre ni l’attentisme ni l’improvisation.
Dans ce contexte, la véritable question n’est plus de savoir qui remportera les prochaines échéances électorales, mais qui possède les compétences nécessaires pour conduire une étape aussi exigeante. Une phase où la rigueur, l’expérience et l’efficacité priment désormais sur les postures partisanes.
Il est donc naturel que l’attention se porte sur des personnalités qui ont démontré leur capacité à gérer des dossiers complexes. Fouzi Lekjaa figure parmi ces responsables dont le parcours administratif et exécutif s’est construit au fil de réformes financières majeures, de projets stratégiques et d’une transformation profonde du secteur sportif marocain, devenue une référence saluée aussi bien au niveau national qu’international.
Toutefois, Fouzi Lekjaa n’est pas une exception. Il incarne une génération de hauts responsables marocains qui ont fait de la discrétion, du professionnalisme et du sens de l’État leur marque de fabrique. Leur légitimité ne repose pas sur l’exposition médiatique, mais sur les résultats obtenus et leur capacité à faire avancer les politiques publiques.
À l’inverse, une grande partie des partis politiques semble évoluer en décalage avec les exigences de cette nouvelle séquence nationale. Depuis plusieurs années, les rivalités internes, les calculs électoraux et les logiques d’appareil ont progressivement pris le pas sur leur mission fondamentale : former des élites, produire des idées et proposer un véritable projet de société.
Cette évolution affaiblit non seulement les formations politiques elles-mêmes, mais aussi l’ensemble de la vie démocratique. Car une démocratie solide ne se réduit pas à l’organisation régulière d’élections. Elle repose avant tout sur l’existence de partis capables de renouveler leurs dirigeants, de former de nouvelles générations de responsables et d’offrir aux citoyens des alternatives crédibles.
C’est pourquoi les partis gagneraient aujourd’hui à reporter les querelles électorales au second plan pour ouvrir un véritable chantier de refondation. Rénover leurs structures, revoir leurs méthodes de sélection des élites, renouer avec la société et replacer l’intérêt général au cœur de leur action constituent désormais une nécessité politique autant qu’institutionnelle.
Les Marocains n’attendent plus des discours de mobilisation. Ils attendent des réponses concrètes aux défis de l’emploi, de l’éducation, de la santé, du pouvoir d’achat et de l’investissement. À ces attentes, seule une gouvernance fondée sur la compétence et l’efficacité peut apporter des solutions durables.
Le débat sur l’avenir du pays ne devrait donc pas se limiter aux noms des personnalités appelées à exercer les plus hautes responsabilités. Il devrait porter avant tout sur la capacité du système politique à produire une élite nationale capable d’accompagner la vision stratégique portée par Sa Majesté le Roi. Les nations ne se construisent jamais autour d’un seul homme ; elles progressent grâce à des institutions solides et à des responsables capables de transformer une ambition collective en réalisations concrètes.
Le Maroc dispose incontestablement des compétences nécessaires pour poursuivre son développement avec confiance. Le véritable défi réside désormais moins dans leur existence que dans la capacité des partis politiques à les faire émerger. Le jour où ils retrouveront pleinement cette vocation, le débat sur les futurs dirigeants ne sera plus dicté par les carences du paysage partisan, mais par la vitalité de ses institutions.
Ce jour-là, les partis auront non seulement servi leur propre crédibilité, mais également consolidé la démocratie marocaine et contribué, avant tout, au renforcement de l’État et au service de la nation.
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