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Le voyage en Grèce suscite la polémique… Le ministère de l’Artisanat s’est-il transformé en agence de voyages aux frais de l’argent public ?

Le voyage en Grèce suscite la polémique… Le ministère de l’Artisanat s’est-il transformé en agence de voyages aux frais de l’argent public ?

À un moment où le secteur de l’artisanat au Maroc souffre sous le poids de crises accumulées — hausse des prix des matières premières, baisse du pouvoir d’achat, faiblesse du marketing et absence de protection sociale pour des milliers d’artisans — le secrétaire d’État chargé de l’Artisanat, Hassan Saadi, a choisi de se rendre en Grèce, accompagné de certaines chambres de l’artisanat, d’une importante délégation d’artisans, ainsi que de troupes gnaouies et de défilés de mode, dans une scène qui soulève plus d’une interrogation.

Pourquoi la Grèce précisément, et en ce moment particulièrement sensible ?
Quelle est la véritable utilité de cette visite, qui ressemble davantage à une « vitrine touristique » qu’à une mission institutionnelle claire dans ses objectifs et ses finalités ?

L’opinion publique professionnelle s’interroge aujourd’hui avec amertume : l’argent public est-il désormais dépensé généreusement pour les déplacements, les festivités et les spectacles folkloriques, alors que les artisans vivent des conditions sociales et économiques étouffantes ? La priorité aujourd’hui est-elle d’organiser des spectacles artistiques et des défilés de mode à l’étranger, ou de sauver les artisans confrontés à la faillite et à la marginalisation au Maroc ?

La promotion du produit artisanal marocain est certes nécessaire, voire indispensable, mais elle doit se faire selon une vision économique précise et avec des résultats mesurables, et non à travers d’imposantes délégations consommant des budgets considérables sans fournir d’explications à l’opinion publique sur la nature des accords conclus ni sur les retombées réelles attendues de ce voyage.

Plus grave encore, de nombreux professionnels estiment que ces visites se sont parfois transformées en occasions de visibilité médiatique et de distribution de privilèges, au lieu d’être de véritables instruments de diplomatie économique au service des authentiques artisans.

Ici se pose la question fondamentale :
Monsieur le ministre sait-il que le gaspillage de l’argent public de manière inconsidérée demeure passible de reddition des comptes et du principe de responsabilité lié à la redevabilité, comme le stipule la Constitution marocaine ?

Aujourd’hui, les Marocains n’acceptent plus que les fonds publics soient dépensés dans des voyages et des activités manquant de clarté et de transparence, surtout dans le contexte économique difficile que traverse le pays, où le responsable public est censé donner l’exemple en matière de rationalisation des dépenses, et non élargir le cercle des dépenses incompréhensibles.

Le secteur de l’artisanat a besoin de décisions courageuses, de véritables marchés et de stratégies de sauvetage, et non de photos souvenirs et de spectacles musicaux à l’étranger.

Et si cette visite poursuit réellement des objectifs économiques concrets, alors l’opinion publique a le droit d’en connaître les détails, le coût et les résultats attendus, en toute transparence.

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