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Le retrait d’Akhannouch : la fin du règne de l’argent et le début de l’effondrement du clientélisme

Le retrait d’Akhannouch : la fin du règne de l’argent et le début de l’effondrement du clientélisme

L’annonce du retrait d’Aziz Akhannouch de la fonction de secrétaire général de son parti n’est plus un simple fait politique passager. Elle s’impose désormais comme un tournant révélateur de l’effondrement d’une expérience gouvernementale ratée à tous les niveaux, et comme l’illustration d’une fuite politique manifeste face à la responsabilité. Lorsqu’un chef de gouvernement choisit d’abandonner la direction de son parti, le message est clair : pas de retour, pas de confrontation, et aucune disposition à rendre des comptes.

Ce retrait ne peut être dissocié du contexte de colère populaire accumulée et de la lassitude profonde des Marocains face au recyclage des mêmes visages, des mêmes discours et des mêmes méthodes, qui n’ont produit que cherté de la vie, tensions sociales et perte de confiance.

Avec le départ d’Akhannouch, commence de facto la fin d’un réseau clientéliste qui a prospéré grâce à la proximité avec le pouvoir plutôt qu’au service du citoyen. Un réseau composé d’élus et d’acteurs sans projet politique ni vision, mus par un seul pari : rester proches du « parrain ».

En quittant la scène, cette galaxie se retrouve politiquement nue, sans couverture, sans légitimité et sans avenir.

Durant cette phase, la politique s’est transformée en un marché de loyautés, où l’influence se monnaie par le silence et les postes se distribuent en échange de l’obéissance — une logique qui, bien qu’ancienne, s’inscrit dans la continuité des pratiques du parti des Frères, constituant une grave atteinte au sens même de l’État et à la notion de responsabilité.

Il s’agit d’un gouvernement sans compétence et de ministres sans légitimité sociale. L’un des crimes politiques majeurs de ce mandat fut la formation d’un exécutif composé de ministres en deçà des exigences de l’étape, dont certains ne disposent ni d’une formation académique solide ni d’une expérience de gestion digne de ce nom, se contentant d’un verbiage creux et de la répétition mécanique du discours officiel. Des ministres choisis non pas pour leur valeur, mais parce qu’ils ne représentaient aucun danger.

Le résultat est sans appel : des secteurs paralysés, des décisions improvisées, des contradictions flagrantes dans les déclarations, et une absence totale de sens social. Un gouvernement qui parle beaucoup, communique mal, agit peu et échoue souvent.

Plus grave encore, cette période a remis sur le devant de la scène des figures politiques usées, entourées d’anciennes et de nouvelles suspicions de corruption, non tranchées judiciairement mais profondément ancrées dans la conscience collective comme symboles de l’impunité. Aujourd’hui, les Marocains le disent sans détour : assez des mêmes noms, des mêmes réseaux et des mêmes relents politiques.

Le citoyen ne croit plus aux discours justifiant l’accumulation des richesses, ni aux slogans de « performance » qui dissimulent des conflits d’intérêts, ni à une élite qui alterne les postes sans jamais être interrogée sur ce qu’elle a accumulé ou détruit.

Sous ce gouvernement, le pouvoir d’achat s’est effondré, les inégalités se sont creusées, et le citoyen a eu le sentiment d’un État lointain, sourd et partial. L’échec n’a pas été seulement technique, mais aussi moral et social, tant la décision publique semblait prise en otage par les intérêts d’une minorité au détriment de la souffrance de tout un peuple.

Le retrait d’Akhannouch n’est pas un acte de courage politique, mais l’issue inévitable d’une perte totale de confiance. C’est un message clair : les Marocains n’acceptent plus le règne de l’argent, ni le recyclage des figures discréditées, ni la complaisance à l’égard des soupçons de corruption.

La prochaine étape ne se construira pas à coups de communiqués, mais par une rupture réelle avec le passé, à travers des élites intègres, de véritables compétences et une reddition des comptes qui n’épargne personne.

Tout le reste… n’est qu’une reproduction du même échec.

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