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Le Maroc politique… Une nouvelle saison de la guerre des “héros du gâteau”

Le Maroc politique… Une nouvelle saison de la guerre des “héros du gâteau”

Depuis 2011, les Marocains assistent au même feuilleton politique interminable, avec seulement quelques changements de visages et de décor.

Tantôt ce sont les islamistes qui montent sur scène en brandissant les slogans de la “réforme” et de la “lutte contre la corruption”, tantôt les libéraux débarquent avec leurs costumes élégants et leurs discours sur “l’efficacité” et “l’État social”. Mais la fin reste toujours la même : le citoyen paie la facture… tandis que les politiciens se partagent le gâteau.

Les islamistes ont un jour convaincu les citoyens qu’ils étaient les “anges de la politique”, et que leur arrivée au pouvoir ferait descendre les bénédictions du ciel sur l’économie marocaine. Ils parlaient sans cesse de morale, des “crocodiles et démons”, et de la lutte contre la rente… avant que les Marocains ne découvrent que le plus grand “démon” était en réalité la faim et la flambée du coût de la vie qui ont explosé sous leur mandat.

Sous Benkirane, des décisions douloureuses ont directement frappé le portefeuille des citoyens, notamment la suppression des subventions sur les carburants, comme si la solution miracle pour réformer l’économie consistait à transformer le simple citoyen en mendiant professionnel à la fin de chaque mois.

Puis est venu El Othmani, cet homme qui est entré au gouvernement avec le visage d’un psychologue et en est sorti en laissant les Marocains dans un besoin collectif de thérapie après des années de contradictions et d’un silence politique incompréhensible.

Après les islamistes, les libéraux sont arrivés au pouvoir comme s’ils venaient sauver le pays du désastre. Ils ont apporté avec eux le langage des chiffres, de l’investissement et du développement. Mais le citoyen ordinaire n’a vu de ces chiffres qu’une hausse des prix des carburants, des légumes et de la viande, au point où le Marocain a désormais besoin d’un crédit à la consommation pour acheter un simple panier alimentaire digne de ce nom.

Aujourd’hui, les Marocains ne débattent même plus des programmes électoraux, parce qu’ils ont tout simplement perdu confiance dans cette longue pièce de théâtre politique.

La véritable question à chaque élection est devenue :“Qui arrivera le premier au gâteau ?”

Pour beaucoup de partis, la politique n’est plus un service rendu à la nation, mais une course vers les postes, les privilèges, les indemnités et les voitures de luxe.Quant au citoyen, il n’est qu’un simple chiffre électoral que l’on ressort tous les cinq ans avant de le remettre au congélateur politique jusqu’au prochain scrutin.

Le pire dans tout cela, c’est qu’une partie de cette classe politique qui parle quotidiennement de “patriotisme” et de “défense des intérêts du Maroc” possède des doubles nationalités, et semble parfois plus attachée à défendre les intérêts d’autres pays qu’à défendre les préoccupations des Marocains eux-mêmes.

Certains ne se souviennent du Maroc qu’au moment des élections, alors qu’ils vivent avec leurs intérêts, leurs comptes bancaires et leurs ambitions de l’autre côté de la Méditerranée, au point que le citoyen finit par se demander avec ironie :“Gèrent-ils réellement les affaires du Maroc… ou simplement leurs intérêts transfrontaliers ?”

L’ironie la plus mordante est que certains politiciens parlent de patriotisme le matin, puis se retrouvent le soir dans les files d’attente des aéroports, munis de passeports étrangers qui leur ouvrent les portes des privilèges refusés au simple citoyen dans son propre pays.

Et comme si cela ne suffisait pas, le Maroc a vécu ces dernières années au rythme de scandales interminables :des élus aux diplômes douteux, des responsables soupçonnés de falsification, et des parlementaires incapables parfois d’aligner correctement une phrase politique, tout en prétendant être des experts du développement comme s’ils géraient le Japon !

Ainsi, les gouvernements successifs se sont transformés en véritable “championnat national de l’échec politique”, où chacun rivalise pour justifier les catastrophes au lieu de les résoudre.

Les islamistes accusent ceux qui sont venus après eux, les libéraux rejettent la faute sur leurs prédécesseurs, tandis que le simple citoyen regarde ce spectacle comme un match dont l’issue est toujours la même :les politiciens gagnent… et le citoyen perd.Le bilan aujourd’hui est clair et ne nécessite aucune commission d’enquête :coût de la vie insupportable, baisse du pouvoir d’achat, chômage, tensions sociales et effondrement inédit de la confiance dans la vie politique.

Les Marocains ont finalement compris que beaucoup de partis politiques ne participent pas aux élections pour changer la réalité du peuple, mais simplement pour changer de place autour de la table du pouvoir.

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