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Le ministre Berrada transforme le baccalauréat en poste de contrôle sécuritaire

Le ministre Berrada transforme le baccalauréat en poste de contrôle sécuritaire

Il semble que le ministre Berrada ait décidé cette année de redéfinir l’examen du baccalauréat. Il ne s’agit plus seulement d’évaluer les connaissances et les acquis scolaires, mais plutôt de franchir un véritable poste de contrôle sécuritaire. L’élève qui a passé une année entière entre les livres et les cahiers, sous une pression intense durant plus d’un mois de préparation, se retrouve contraint, avant même de démontrer ses compétences académiques, de prouver qu’il n’est pas un suspect.

Quel message le ministre Berrada souhaite-t-il adresser aux adolescents lorsque les équipes éducatives — du moins en théorie — les accueillent avec des dispositifs de contrôle que les citoyens ne rencontrent habituellement que dans les aéroports ou certains sites sensibles ? Les établissements scolaires sont-ils devenus des espaces de suspicion permanente ? Ou bien chaque candidat est-il désormais considéré comme un accusé en liberté provisoire jusqu’à preuve de son innocence ?

Le plus grave dans cette logique est qu’elle porte atteinte au cœur même de la relation éducative. L’école repose sur la confiance, la responsabilité et l’apprentissage de l’intégrité, non sur l’idée qu’un élève est un fraudeur potentiel qu’il faut fouiller avant même de l’autoriser à prendre place devant sa copie.

Alors que de nombreux systèmes éducatifs avancés cherchent à réduire le stress psychologique lié aux examens et à renforcer l’évaluation continue tout au long du parcours scolaire, nous persistons à transformer le baccalauréat en un événement exceptionnel chargé d’angoisse et de tension. Comme si la peur faisait partie intégrante de l’acte éducatif et comme si la réussite n’était méritée que par ceux qui survivent d’abord aux rituels de la suspicion collective.

Personne ne défend la fraude et personne ne réclame de la complaisance à son égard. Mais il existe une différence fondamentale entre lutter contre la tricherie et traiter des milliers d’élèves comme un risque sécuritaire potentiel. L’État est censé faire confiance à sa jeunesse et l’éduquer à la responsabilité. En exagérant l’obsession du contrôle, le gouvernement prend le risque d’installer une culture de la méfiance à la place d’une culture de la citoyenneté.

L’école n’est pas une prison, l’élève n’est pas un détenu et l’examen n’est pas une opération de sécurité. Si le ministère ne peut préserver la crédibilité du baccalauréat qu’en multipliant les dispositifs de fouille et de surveillance, il devrait peut-être se poser une question plus fondamentale : où le système éducatif a-t-il échoué pour en arriver à considérer la confiance comme un danger ?

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